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Source: caraibes - Google News

Abordant la gestion des politiques publiques, l’économiste Frédéric Gérald Chéry a vivement critiqué les politiques économiques, monétaires et budgétaires qui sont, à ses yeux, inadéquates et inefficaces. Cependant, il a dit reconnaître que parfois certains acteurs politiques sont animés de bonne volonté mais n’arrivent pas à bien faire en raison de leur politique jugée inefficace. Par ailleurs, il a fait savoir que l’amplification des trafics illicites de drogue, d’êtres humains, d’armes et d’objets d’arts vers les années 1980 et 1990 a entrainé la recrudescence de la corruption à travers le monde et même en Haïti.

S’appuyant sur l’idée selon laquelle un pays tel qu’Haïti peut mettre le cap sur le progrès économique et la transparence, M. Chéry a invité le peuple haïtien à valoriser sa production intellectuelle, à définir lui-même ses objectifs et les moyens de les atteindre. Il a profité de l’occasion pour présenter le modèle du Rwanda, du Ghana et du Sénégal qui ont élaboré leurs visions et les règles à suivre pour progresser en diminuant la perception de la corruption. La réforme de l’université et la valorisation des réflexions qui y sont produites constituent à son avis un moyen pour produire de nouveaux savoir faire, générer de nouvelles entreprises au profit du pays, et éradiquer les mauvaises pratiques de la société.

Pour sa part l’économiste Kathleen Dorsainvil, également professeure à l’Université Quisqueya, a présenté la corruption en Haïti comme une pratique qui s’est modernisée au fil des années. Selon elle, l’une des causes profondes de la corruption est la recherche d’opportunités pour gagner plus de profits sans payer beaucoup ou sans rien payer. Dans son exposé, Mme Dorsainvil a rappelé que cette tare affecte directement les couches les plus vulnérables de la société et provoque systématiquement une augmentation des coûts de la vie. La lutte contre la corruption, a-t-elle déclaré tambour battant, est un combat de tous les jours.

L’économiste a plus loin expliqué le phénomène de rente qui, en économie, est une notion liée à celle du profit. En ce sens, des chercheurs, dits chercheurs de rente, profitent des failles de l’État pour augmenter leur capital et éviter de payer certains coûts. Grâce à des zones d’ombre qui relèvent de l’incompétence de l’Etat à bien gérer les institutions, certains s’accaparent les richesses qui devraient servir à financer les recherches ou à desservir la population.

Une telle stratégie qui empêche à l’État d’accroître sa recette fiscale est liée notamment à la faiblesse de la politique publique, de la gouvernance. L’absence de l’État dans son rôle de régulateur et de garant de la bonne marche des institutions constitue une autre cause des activités de rente qui enrichissent des particuliers au détriment de toute la population.

Durant cette première journée du Colloque international sur la corruption et la transparence, d’autres ateliers ont été organisés avec des panélistes aussi abondants qu’instructifs. Entre autres, le cadre normatif et institutionnel de la lutte contre la corruption en Haïti et les pratiques de lutte contre la corruption ont été discutés.

Des anciens fonctionnaires de l’Etat haïtien, des représentants d’organisations de la société civile ainsi que des étudiants de plusieurs universités du pays ont pris part aux discussions.

Caleb Lefevre source Le Nouvelliste

Source: Google News