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ArtComme l’homme a besoin d’oxygène pour survivre, il a besoin d’art et de poésie. Il sait, en effet, au contraire de la pensée conceptuelle, au contraire de l’idéologie, que l’art et la poésie rétablissent la dialectique de l’homme et du monde. Par l’art, le monde réifié redevient le monde humain, le monde des réalités vivantes, le monde de la communication et de la participation. D’une collection de choses, la poésie est jeunesse. Elle est cette force qui redonne au monde sa vitalité première, qui redonne à chaque chose son aura de merveilleux en la replaçant dans la totalité originelle. Si bien que sauver la poésie, sauver l’art, c’est en définitive sauver l’homme moderne en personnalisant et en revitalisant la nature.

– Discours à Dakar, 6 avril 1966

BoucheMa bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouches. Ma voix la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir.

– Cahier d’un retour au pays natal

CivilisationUne civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.

– Discours sur le colonialisme

DépartementalisationLa Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française et la Réunion entrent
dans la grande famille française et participent au destin de la France sur un
pied d’égalité avec les départements métropolitains.

– Assemblée nationale, séance du 12 mars 1946

EtatIl y a chez nous un proverbe : « L’Etat est un œuf. Trop serré, il se casse ; pas assez, il tombe et se brise »

– Une saison au Congo

ForceLa force de regarder demain

– Moi, laminaire

GauloisQuand vous lisez, même à six ans, que nos ancêtres étaient les gaulois, blonds avec des yeux bleus, et l’instituteur et nous-mêmes nous rigolions. Nous savions bien que nous étions des Martiniquais et que nous étions avant tout des nègres, créolophones

– Interview à RFO, 1994

HommeComme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serai un
homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

– Cahier d’un retour au pays natal

InégalitéTous les hommes ont les mêmes droits. J’y souscris. Mais du commun lot, il en est qui ont plus de devoirs que d’autres. Là est l’inégalité
JusticeLa justice écoute aux portes de la beauté

KaïlcédratEia pour le Kaïlcédrat royal !Eia pour ceux qui n’ont jamais rien inventé
pour ceux qui n’ont jamais rien exploré
pour ceux qui n’ont jamais rien dompté

– Poème, (le Kaïlcédrat est l’arbre à palabres)

LibertéLiberté mon seul pirate.
– Cadastre, Batouque.
MotsDes mots ? quand nous manions des quartiers de monde, quand nous épousons des continents en délire, quand nous forçons de fumantes portes, des mots, ah oui, des mots ! mais des mots de sang frais, des mots qui sont des raz de-marée et des érésipèles et des paludismes et des laves et de feux de brousse, et des flambées de chair, et des flambées de villes…

– Cahier d’un retour au pays natal

NégritudeLa Négritude, à mes yeux, n’est pas une philosophie.
La Négritude n’est pas une métaphysique.
La Négritude n’est pas une prétentieuse conception de l’univers.
C’est une manière de vivre l’histoire dans l’histoire

-Discours sur le colonialisme

OriginesJ’accepte mes origines, mais que vais-je en faire ?

PolitiqueSi vous voulez comprendre ma politique, lisez ma poésie

QuébecJe me souviens encore de mon ahurissement lorsque, pour la première fois au Québec, j’ai vu à une vitrine de librairie un livre dont le titre était Nous autres nègres blancs d’Amérique

– Discours sur la négritude

RévolutionIl est temps de mettre à la raison ces nègres qui croient que la Révolution, ça
consiste à prendre la place des Blancs et continuer sur le dos des nègres, à faire
le Blanc.

– La tragédie du roi Christophe

SympathieNon, jamais dans la balance de la connaissance, le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant qu’une étincelle de sympathie humaine.

– Discours sur le colonialisme

TropiquesTerre muette et stérile. C’est de la nôtre que je parle. Et mon ouïe mesure par la Caraïbe l’effrayant silence de l’Homme. Europe. Afrique. Asie. J’entends hurler l’acier, le tam-tam parmi la brousse, le temple prier parmi les banians. Et je sais que c’est l’homme qui parle.

– Présentation d’Aimé Césaire dans le 1er numéro de la revue culturelle Tropiques, avril 1941

UnionVous vous ingéniez à faire de l’Union française non pas une union, mais une prison des peuples.

– Assemblée nationale, séance du 15 mars 1950

VieC’est quoi une vie d’homme ? C’est le combat de l’ombre et de la lumière…C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… Je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté.

– Entretien dans Présence africaine
WhiskyLe whisky avait dénoué ses cheveux sales et flottait sur la force des fusils la carapace des tanks et les jurons du juge

– Poème “Le temps de la liberté”

X, Malcom XDevant la domination de Prospéro, il y a plusieurs façons de réagir: il y a l’attitude violente et la non-violente. Il y a Martin Luther King et Malcolm X — et les Black Panthers. En simplifiant, Caliban serait la violence, Ariel représenterait la tendance non-violente. Mais les deux, par des méthodes différentes, travaillent à leur libération.

– Interview au Magazine littéraire, 1969

YeuxLes étoiles mortes apaisées par des mains merveilleuses jaillissent de la pulpe de mes yeux

– Les Armes miraculeuses

ZoneAurore ozone
zone orogène
par quelques-uns des mots obsédant une torpeur et l’accueil et l’éveil de chacun de nos maux je t’énonce
FANON tu rayes le fer
tu rayes le barreau des prisons tu rayes le regard des bourreaux guerrier-silex

– Poème dédié à Frantz Fanon

Retrouvez notre carte interactive sur “Le Paris de Césaire” :

Source: https://la1ere.francetvinfo.fr