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Pointe-à-Pitre. Vendredi 12 janvier 2018. CCN. Pour la première fois, les 4 députés de la Guadeloupe à l’assemblée nationale française se sont présentés ensemble face à la presse pour exprimer leurs vœux 2018 et revenir sur leurs projets. L’occasion pour les journalistes guadeloupéens, lors d’un déjeuner  de les interroger

La cérémonie s’ouvre au Yacht Club, à Pointe-à-Pitre. Sur les berges, face à la Place de la Victoire, nos 4 députés Justine Bénin, Max Mathiasin, Olivier Serva et Hélène Christophe-Vainqueur se présentent devant la presse, main dans la main. Une première, pour ces élus de différents bords politiques.

« Nous avons manifesté tout l’intérêt de travailler ensemble », débute Justine Bénin députée MODEM de la 2ème circonscription de la Guadeloupe. « Il faut sortir du fatalisme dans lequel nous nous renfermons », insiste-t-elle, lorsqu’elle aborde brièvement les grands problèmes inhérents à la Guadeloupe. La députée souhaite s’engager, comme promis lors de sa campagne pour les législatives 2017, dans le développement durable. Elle demandera sous peu à ses 3 collègues députés de s’engager à ses côtés sur ce terrain.

Olivier Serva député de la 1ère circonscription de la Guadeloupe 001Olivier Serva, député LREM de la 1ère circonscription de la Guadeloupe, avoue être dans une position politique délicate, mais qui lui convient malgré tout. En effet, à la fois dans les partis En Marche et GUSR, il exprime toute sa confiance envers le Président de la République français Emmanuel Macron. En s’adressant à la presse guadeloupéenne ce jour là, il se dit fier que celle-ci ait eu le courage récemment de s’emparer de dossiers délicats. « Aujourd’hui, nous faisons du bricolage », remarque-t-il lorsqu’il aborde la question éternelle de l’eau. Selon lui, les travaux effectués ont augmenté la capacité du réseau de seulement 1%. Josette Borel-Lincertin, président du Conseil Départemental très engagée sur la question de l’eau, n’est pas de cet avis, et elle le fera d’ailleurs savoir le lendemain lorsqu’elle présentera à son tour ses vœux à la presse. « Aucune communauté d’agglomération ne peut faire les travaux seule », selon Olivier Serva. Il s’agit pour le député davantage d’égoïsme politique. Il exprime alors le vœu de voir se créer en 2018 une structure unique d’urgence de réparation du réseau. Olivier Serva abordera également les questions de succession et d’indivision, question qui lui tient particulièrement à cœur, du marché du travail et des assises.

Max Mathiasin député de la 3ème circonscription de la Guadeloupe 001« La drogue touche notre jeunesse », s’attriste Max Mathiasin lorsqu’il prend le micro. En plus de cela, rappelle-t-il, 60% des jeunes sont au chômage, et 20% des guadeloupéens vivent encore en-dessous du seuil de pauvreté. C’est « un combat global et total pour mon pays », avance-t-il. Il fait le vœu que les jeunes soient mieux formés. Selon le député FGPS de la 3ème circonscription de la Guadeloupe, son pays est en train de reculer. Il pointe également du doigt le déclin de l’agriculture et rappelle qu’il a fait rétablir la subvention de 10 millions d’euros, au même titre que pour la Corse, pour le sport. Ses combats : le développement du tourisme, l’illettrisme, le développement durable et bien d’autres encore. « Les guadeloupéens eux-mêmes doivent être responsables face à ce pays », insiste-t-il. Quant à la question de la vétusté et au récent incendie du CHU, interrogé par CCN, il rappelle que le gouvernement Sarkozy a fait une promesse, mais que l’argent n’est pas là : « il a fallu attendre le gouvernement Hollande pour mettre en place réellement les financements ». Compte tenu des conditions actuelles du CHU de Pointe-à-Pitre, pour le député il n’y a qu’une réponse : « il aurait fallu aller plus vite plus tôt ».

Les transports, l’eau et le traitement des déchets, ce sont les chevaux de bataille de la députée de la 4ème circonscription Hélène Christophe-Vainqueur. Elle rappelle être la seule à siéger dans l’opposition, mais travailler main dans la main avec ses 3 collègues à un « rythme soutenu » depuis son élection. Elle est la seule à aborder le sujet non moins délicat mais très important du chlordécone.

Hélène Christophe-Vainqueur, sur le chlordécone

CCN : Comment faire pour rouvrir le dossier du chlordécone ?

Hélène Christophe Vainqueur députée de la 4ème circonscription de la Guadeloupe 001Hélène Christophe-Vainqueur : La problématique économique a été plus ou moins traitée même si ce n’est pas suffisant. Sur l’impact sanitaire on est dans le flou. Il y a des études qui ont montré qu’il pouvait y avoir des corrélations entre augmentation des cancers de la prostate et utilisation du chlordécone et autres pesticides. Il n’y a pas forcément encore vraiment de lien de cause à effet. Donc c’est important que des études soient menées en dehors du plan chlordécone qui existe depuis un moment. Nous en sommes au plan chlordécone 4. Il faudrait déjà savoir comment il a été mis en place, quelles sont les conclusions. Il faudrait en dehors du plan chlordécone mettre en place des études sérieuses qui montrent véritablement les relations de cause à effet entre certaines maladies et la consommation de chlordécone. Ce n’est pas évident à mettre en place parce qu’un cancer se développe sur plusieurs années. Il faut avoir un certain recul pour pouvoir véritablement dire qu’il y a eu une relation de cause à effet. Mais nous devrions commencer le travail dés maintenant, pour les générations futures. Il faut que l’Etat nous donne les moyens pour pouvoir aller plus loin dans ces études. Il faut aussi une subvention pour les cancers dont la relation cause à effet a été prouvée par le professeur Blanchet. 

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Source: Google news

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