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Il lui a suffi d’une opportunité. Après avoir grappillé trois, cinq, ou huit minutes sur les parquets de Pro B, le Nancéen Valentin Chéry a enfin eu sa chance début décembre, contre Évreux. Face à une équipe prometteuse mais en difficulté, le Guadeloupéen a montré en 26 minutes de jeu l’étendue de ses talents défensifs, avec cinq rebonds, deux contres et deux interceptions. Bilan : le club lorrain n’a encaissé que 53 pts et l’ailier fort a laissé une grosse impression (victoire 53 – 75). « C’est juste un match de référence, il reste encore beaucoup à faire. Je dois rééditer cette performance » , estime-t-il. Après un trimestre chez les pros, il prend déjà ses marques. « Ça va de mieux en mieux. Au début, c’était difficile, il fallait s’adapter à une équipe professionnelle, en sachant qu’on n’a pas beaucoup de temps de jeu. Il a donc fallu que je progresse à côté, à l’entraînement notamment. Et les autres joueurs me disaient que j’allais jouer au match suivant. »

Très athlétique, Valentin sait comment utiliser son physique pour rivaliser avec ses adversaires dans la raquette. « En tant qu’ailier fort, j’ai une présence au rebond, mais je peux aussi agresser. Je suis rapide sur mon premier pas, donc je provoque des fautes. » Il s’inspire ainsi de « Blake Griffin, des Los Angeles Clippers » , à la fois puissant et mobile. Pour ressembler à son homologue américain, il lui faut maintenant travailler « le dribble, mon shoot et ma vision de jeu » . À le voir évoluer, il est difficile de croire que Valentin Chéry s’est mis au basket il y a à peine six ans. Mais depuis, il a déjà connu un titre de champion de France U17, une signature chez les Espoirs de Nancy, deux autres trophées, et aujourd’hui, une première saison en Pro B. « Je retourne rarement en arrière, c’est le futur qui compte, surtout pour une première année professionnelle. J’essaie de me focaliser sur cette année, sur ma propre évolution. » Et quitte à se projeter loin, il se verrait bien en NBA, ou alors « jouer en Euroligue, à l’Étoile rouge de Belgrade, une équipe que j’admire, avec un grand public » .

FAMILLE DE BASKETTEURS

Le talent de Valentin ne vient pas de nulle part, avec un père (Hubert) qui a joué à Monaco et une mère en Nationale 2. « J’essaie de prendre exemple sur mon père, de jouer le plus haut possible, en Pro A. Avec ma soeur, on faisait des entraînements avec lui pendant l’été, ce qui m’a fait vite progresser. On en garde de super souvenirs. » Comme son frère, Kendra Chéry évolue en deuxième division. Mais elle a seulement 16 ans, avec déjà un titre européen en équipe de France. « Ma soeur, je la suis tous les jours, à chaque match. Elle m’étonne parce qu’elle progresse vraiment d’année en année. Elle peut jouer sur différents postes, d’arrière à ailier fort. En plus, elle s’est améliorée sur son tir à trois points. Elle peut vraiment tout faire. Je lui dis de rester confiante, de jouer son jeu et de rester agressive. »

Les Chéry partagent d’ailleurs leur goût de la balle orange avec leurs proches restés aux Antilles.

« J’y suis allé en juin-juillet avec ma soeur et mes parents, témoigne Valentin. Tous les étés, c’est l’occasion de voir toute la famille qui est restée là-bas. On y fait souvent des parties de basket l’après-midi avec mes cousins et cousines sur les play-grounds. » Évidemment.

BIO EXPRESS

– Valentin CHÉRY

Né le 24 septembre 1997.

20 ans – 1,98 m.

Poste : Ailier fort.

Carrière : Le Portel (2014-15), SLUC Nancy (Espoirs 2015-17, Pro B depuis).

Palmarès : champion de France Espoirs Pro A (2017), Trophée du Futur (2017), champion de France U17 (2015).

Source: Google news