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Maripa-Soula accueille officiellement près de 12 000 habitants. Mais il faut aussi compter avec ceux de la rive surinamaise.
Une réalité qui se vérifie au quotidien au centre de santé de la commune. 40 à 150 personnes viennent consulter chaque jour. Des patients qui doivent s’organiser et faire preuve de patience. En plus de l’affluence, il faut aussi s’adapter à la diversité des langues parlées sur ce territoire guyanais. Mais le plus gros défi de ce centre de santé reste de recruter du personnel soignant.
Après avoir exercé un an ici, Benjamin Cornet quitte son poste de sage-femme ce mois-ci. Son remplaçant n’a toujours pas été trouvé. Ce manque d’effectif a un réel impact sur la prise en charge des patients.
Benjamin Cornet sage-femme se livre :”On a des choses qui ne sont pas urgentes et ne sont pas traitées alors, elles deviennent urgentes.C’est tout un ensemble de choses qui finalement deviennent graves car en bout de chaîne”.
Manque de candidatsCe qui manque, ce ne sont pas les postes, ni les moyens matériels. Mais les candidats. Entre juin et septembre, le centre délocalisé de prévention et de soin de Maripa-Soula fera face à une grave crise de recrutement. Fin juin, il n’y aura plus que deux médecins au lieu des trois prévus.
Et déjà, sur les douze infirmiers attendus, ils ne sont actuellement que huit. Ils risquent bien de n’être que six dans les semaines qui viennent.
Edouard Le Goff, infirmier faisant fonction de cadre de santé :”On fait beaucoup d’efforts, sur nos congés, des cadences infernales ! C’est difficile de savoir si tout le monde tiendra jusqu’au bout”
Du personnel épuiséA Cayenne, le Docteur Brousse est le médecin qui coordonne les dix sept centres de soins délocalisés de Guyane. Il doit établir les plannings du personnel. Un travail d’équilibriste car les difficultés observées à Maripa-Soula sont une réalité dans les régions du Maroni et de l’Oyapock.
Dr Paul Brousse, médecin coordonnateur – chef de pôle des centres délocalisés de prévention et de soin – centre hospitalier Andrée Rosemon explique :”Le rythme n’est pas tenable. Il y a quelques semaines nos équipes se sont épuisées à Grand Santi. Le centre a du fermer car il n’y avait plus de personnel soignant. Aujourd’hui il manque une douzaine de postes d’infirmiers, il nous faudrait pour passer le trimestre prochain 3 à 4 médecins pour trois mois.”
Ces carences en personnel soignant seront criantes jusqu’à la fin du mois de septembre, sur toute la région du Maroni.
Un manque de médecins et d’infirmiers que subissent d’autres hôpitaux de France, mais qui est particulièrement préoccupant dans nos régions enclavées.
Le reportage de Guyane la 1ère :

Source: https://la1ere.francetvinfo.fr