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Par un décret issu par le roi Salmane d’Arabie saoudite – qui fait suite à un rapport remis par le prince héritier Mohammed ben Salmane –, tous les soldats impliqués dans la guerre au Yémen ont été pardonnés de façon préventive de leur conduite durant le conflit.

«Le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud a émis un ordre royal levant pour tous les militaires qui ont pris part à l’opération “Restoring Hope” leurs sanctions militaires et disciplinaires respectives», indique l’agence d’Etat SPA dans un communiqué le 10 juillet. La déclaration ne spécifie pas précisément quels crimes sont concernés par le décret, notant simplement qu’il s’applique à «certaines règles et disciplines», et précise que le but est de montrer la reconnaissance du royaume envers «l’héroïsme et les sacrifices» de ses soldats.

La coalition menée par l’Arabie saoudite mène depuis 2015 une campagne militaire, l’opération Restoring Hope, contre les rebelles Houthis, proches de l’Iran, pour restaurer le gouvernement que ces derniers avaient chassé de la capitale Sanaa. Un conflit qui a fait jusqu’à présent près de 10 000 morts et plus de 55 000 blessés selon l’OMS, et dans lequel l’attitude du Royaume concentre les critiques. En janvier 2017, un rapport de l’ONU enquêtant sur dix frappes aériennes distinctes menées par l’Arabie saoudite au Yémen, avait par exemple conclu que la plupart étaient le résultat d’un «processus de ciblage inefficace» et d’attaques délibérées sur des cibles pacifiques. Les experts avaient considéré que certaines des ces attaques pouvaient constituer «des crimes de guerre», faisant ainsi écho aux déclarations faites à maintes reprises par des observateurs indépendants. Plusieurs ONG humanitaires ont en effet dénoncé depuis le caractère aveugle et meurtrier des frappes menées par la coalition dirigée par Riyad.

De l’aveu même de l’ONU, le conflit a mené à la «pire crise humanitaire du monde» au Yémen. Sur un pays de 27 millions d’habitants, 22,2 millions ont besoin d’une aide alimentaire, dont 8,4 millions sont dans une situation de «famine imminente». Une situation qui s’est rapidement détériorée après la fermeture en novembre par l’Arabie saoudite des ports, aéroports et accès routiers du pays.

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Source: https://francais.rt.com/