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Philippe de Villiers est remonté ! Alors qu’on avait vu l’ancien candidat à la présidentielle de 1995 et de 2007 afficher publiquement sa proximité avec Emmanuel Macron jusqu’en juin 2018, depuis, tout a basculé. Le souverainiste de droite a été déçu par plusieurs comportements du chef de l’Etat et l’a dit avec ardeur sur le plateau de BFMTV le 11 octobre. Il a expliqué pourquoi sa position sur Emmanuel Macron avait changé de la sorte : «Au début, il reçoit Poutine et Trump, se comporte comme un chef d’Etat un peu gaullien en disant “je ne m’occupe pas des régimes je m’occupe des Etats”. Et puis patatras, la Fête de la musique, le doigt d’honneur, la lèpre populiste…»

Il y a aujourd’hui des gens qui ont fait sécession mentalement et qui le jour venu nous feront comprendre que c’est nous les étrangers

Alors qu’il espérait beaucoup d’Emmanuel Macron dans une sorte d’«espoir naïf» – comme il l’a révélé dans Valeurs actuelles cette semaine – Philippe de Villiers a notamment déploré qu’Emmanuel Macron ne s’attaque pas à «régler le problème identitaire». «Si Emmanuel Macron ne veut pas s’occuper de la question identitaire, il sera balayé», a-t-il asséné, s’appuyant notamment sur le discours du 3 octobre de Gérard Collomb lors de son départ du ministère de l’Intérieur, qui évoquait des quartiers «aux situations très dégradées» où «la loi du plus fort s’impose». «Nous avons installé deux sociétés face-à-face. Il y a aujourd’hui une contre-société avec des gens qui ont fait sécession mentalement et qui le jour venu nous feront comprendre que c’est nous les étrangers», dénonce par ailleurs le président historique du Mouvement pour la France (MPF).

«Si on ne rétablit pas en France et en Europe, l’idée de la frontière, au sens géographique mais aussi anthropologique, notre civilisation va partir par le fond», prévient-il également. Assumant une opposition frontale sur le sujet avec Emmanuel Macron – qui évoquait le 22 juin «la lèpre qui mont[ait] en Europe» en parlant du «nationalisme» ou «de la frontière fermée que certains proposent» – Philippe de Villiers s’affirme comme «un populiste» : «Moi je lui dis les yeux dans les yeux, Emmanuel, moi je suis populiste. D’ailleurs, il parle de lèpre populiste, donc moi je suis lépreux, j’ai ma petite crécelle et je ne me soigne pas parce que le populisme, c’est le cri des peuples qui ne veulent pas mourir.»

Philippe De Villiers encense Matteo Salvini et Viktor Orban

La présentatrice de BFMTV lui demande alors si le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, ou le Premier ministre hongrois Viktor Orban, tous deux adversaires de l’ouverture des frontières, étaient ses « nouveaux héros». «Ce ne sont pas mes nouveaux héros», répond-il d’abord.

Je ne me soigne pas parce que le populisme, c’est le cri des peuples qui ne veulent pas mourir

Il argumente par la suite : «Ce sont des gens sérieux, qui aiment leur pays, qui sont des patriotes. Orban, en particulier, a vécu un double traumatisme, la souveraineté limitée [au temps de l’URSS] et l’occupation islamique. Il a été élu démocratiquement trois fois de suite, on ne peut rien lui reprocher.» Le fondateur du par d’attraction du Puy du Fou a également estimé que l’homme d’Etat hongrois voulait simplement pour son pays, «la civilisation européenne, des racines chrétiennes, une famille avec un père et une mère et une immigration légale – et non une immigration illégale». «Pourquoi on s’acharne sur lui ?», questionne-t-il.

Enfin, Philippe de Villiers a tenu à défendre plusieurs intellectuels et journalistes tels qu’Eric Zemmour, Michel Onfray ou Frédéric Taddéï. «Comme par hasard ils sont interdits d’antenne sur le service public», s’est-il indigné. Il qualifie d’ailleurs Eric Zemmour «d’esprit brillant [qui] n’a pas le droit à la parole parce qu[‘il n’est] pas politiquement correct». «Eric on t’aime», conclut-il. Discret sur la scène politique nationale depuis quelques années – y compris lors de la présidentielle de 2017 où il a apporté un soutien minimaliste à Marine Le Pen – Philippe de Villiers semble ici avoir retrouvé un esprit offensif. Pour un éventuel retour dans les grandes échéances électorales à venir ?

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Source: https://francais.rt.com/