Accueil Actualités Internationale Salvador : une femme condamnée à 30 ans de prison pour avoir...

Salvador : une femme condamnée à 30 ans de prison pour avoir fait une fausse couche

15
PARTAGER

Source: International - Google News

C’est une triste affaire. Teodora Vasquez est une jeune femme de 34 ans originaire du Salvador, en Amérique Latine. Condamnée il y a une dizaine d’années pour avoir fait une fausse couche, elle s’est retrouvée ce mercredi 13 décembre devant le tribunal du Salvador pour connaître le verdict final de sa peine. Les juges ont finalement confirmé sa première peine, soit 30 ans de prison. Un jugement qui fait polémique…

Condamnée pour avoir fait une fausse couche

Tout commence le 14 juillet 2007. Teodora Vasquez, alors enceinte de neuf mois, appelle d’urgence les secours dans les toilettes de son lieu de travail. La jeune trentenaire est victime d’une sévère hémorragie et donne naissance à un nourrisson mort-né. C’est l’un de ses collègues qui l’a découverte, inconsciente aux côtés du corps de son bébé. Il a décidé d’appeler la police, venue ensuite arrêter la jeune femme.

S’en suit donc une longue et difficile bataille avec la justice. En 2008, un premier jugement a eu lieu et la jeune employée dans un collège du pays a écopé d’une peine de 30 ans de prison. Un lourd procès, qui a néanmoins été revu mercredi dernier. Une fois de plus, la Salvadorienne a expliqué les véritables circonstances de la perte de sa petite fille tout en clamant son innocence : « Qu’ils m’accordent ma liberté, car je suis innocente, car j’ai une famille pour laquelle je veux me battre, car j’ai des gens qui m’aiment et j’ai besoin d’être avec eux. » 

Dès lors, les juges avaient la possibilité soit d’annuler la condamnation, soit d’ordonner un nouveau procès ou bien de confirmer la peine de trente ans de réclusion. C’est finalement cette dernière option qui a confirmée par le tribunal. Selon les juges, l’accusé avait volontairement « caché » sa grossesse car « elle ne voulait pas d’un bébé ».

Cette lourde peine est « une gifle »

Face aux juges, l’avocat de Teodora Vasquez, Victor Hugo Mata, a exigé à la cour de « corriger son erreur en la libérant », plaidant que sa cliente n’avait commis « aucune faute. » Au terme de son verdict, Morena Herrera, membre d’une association militant pour la dépénalisation de l’avortement thérapeutique, s’est également indignée : « Elle subit de façon injuste une condamnation qui n’avait pas lieu d’être, elle n’a commis aucun délit et (cette erreur) doit être réparée ». Et pour la présidente du Centre des droits en matière de procréation Nancy Northup, cette condamnation est pûrement « une gifle »

Une législation stricte à l’égard des femmes qui perdent leurs bébés

Cette affaire n’est pas une première au Salvador. En effet, plusieurs autres femmes ont été condamnées pour des histoires similaires. C’est le cas en 2015 de Manuela, une Salvadorienne de 33 ans et mère de deux enfants, qui avait été condamnée à 30 ans de prison pour homicide après mené à faire une fausse couche aux urgences obstétricales.

Lire aussi

Dans le pays, l’avortement est condamné à une peine de prison allant de deux à huit ans. Mais dans la majorité des cas, les juges estiment que la perte d’un bébé équivaut à un « homicide aggravé » équivalent à une peine de trente à cinquante ans de prison.