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Le Premier ministre français, Edouard Philippe, se rend ce 13 juillet au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) pour présenter un nouveau plan d’action contre le terrorisme. Edouard Philippe est accompagné dans cette démarche par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, du garde des Sceaux Nicole Belloubet, du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du ministre aux Armées Florence Parly.

A l’occasion de son allocution, le Premier ministre confirme la création d’un parquet national antiterroriste pour faire face à la menace terroriste en France, en dépit des critiques de nombreux magistrats : ces derniers déplorent cette nouvelle attribution qui était jusqu’à présent confiée au parquet de Paris.

Le Premier ministre annonce également la création d’une «cellule» spécifique destinée à suivre les détenus terroristes islamistes et les individus radicalisés à leur sortie de prison (les «sortants»). Cette cellule sera fondée au sein de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) et sera associée au renseignement pénitentiaire. La tâche sera copieuse : environ 450 détenus terroristes ou radicalisés devraient être libérés d’ici fin 2019, selon les informations fournies par Edouard Philippe lui-même.

Le plan d’action contre le terrorisme est composé de 32 mesures et vient compléter le dispositif de prévention de la radicalisation annoncé en février à Lille. Ce premier plan se concentrait principalement sur la problématique des prisons, mais certaines mesures avaient également trait à l’éducation, aux services publics et au contrôle d’internet.

Depuis 2015, 246 personnes ont été tuées dans des attentats djihadistes sur le territoire français et ce nouveau plan antiterroriste est le troisième exercice du genre au cours des dernières années, après le plan de lutte antiterroriste (PLAT) en avril 2014 et le plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme (PART) en mai 2016.

Le gouvernement d’Edouard Philippe a pour sa part contribué au renforcement de l’arsenal antiterroriste avec la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (SILT), destinée à remplacer l’état d’urgence. 

Le 10 juillet, un rapport porté par deux sénateurs, dont un de la majorité présidentielle, pointait justement les failles de la lutte contre la radicalisation en France et dénonçait une forme de ghettoïsation de certaines zones du territoire français, ainsi qu’«un manque de courage» qui conduit, selon eux «à fermer les yeux sur la place du salafisme en France».

Lire aussi : Salafisme: des sénateurs pointent des «zones ghettoïsées» et préconisent la déchéance de nationalité

Source: https://francais.rt.com/