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Arrêté tôt le 8 juin par les forces de l’ordre kurdes dans le nord de l’Irak où il s’était enfui, Ali Bashar, principal suspect dans le viol et le meurtre d’une adolescente de 14 ans en Allemagne, a été livré le lendemain aux autorités de ce pays afin d’y être jugé.

Le jeune Irakien de 20 ans est arrivé à Francfort à bord d’un avion de la compagnie allemande Lufthansa parti dans l’après-midi du 9 juin. Il a ensuite été transféré en hélicoptère à la préfecture de police de Wiesbaden, à une trentaine de kilomètres de là, pour y être auditionné, avant d’être présenté le 10 juin à un juge d’application des peines avec à la clé une probable détention préventive, selon la police.

«[Ce retour en Allemagne] n’est qu’une petite consolation pour la famille de la fille, vers laquelle vont mes pensées en ces heures difficiles. Mais pour l’Etat et notre société, il est important que les crimes soient élucidés et que les suspects soient traduits en justice», a estimé le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer dans un communiqué.

D’après le quotidien Bild, le chef de la police fédérale allemande, Dieter Romann, qui entretient de bonnes relations avec les autorités irakiennes, s’était personnellement rendu à Erbil pour faciliter les tractations et ramener promptement Ali Bashar.

Ce dernier, arrêté à deux heures du matin le 8 juin dans un hôtel de Zakho, une ville de la province de Dohouk, a rapidement avoué son crime. «Quand nous l’avons interrogé, le jeune homme originaire du Kurdistan a avoué avoir tué la jeune Allemande» en l’étranglant, avait déclaré le 9 juin à l’AFP Tariq Ahmad, le chef de la police de Dohouk, dans le nord-ouest de l’Irak.

Viol et étranglement

Arrivé en Allemagne en octobre 2015 au pic de la crise des migrants, Ali Bashar est soupçonné d’avoir violé et étranglé entre les 22 et 23 mai Susanna Feldman, une jeune fille de 14 ans, à Wiesbaden. 

L’Irakien «a affirmé que tous les deux étaient amis mais qu’ils avaient eu un différend, et qu’il l’avait tuée lorsque la jeune fille l’avait menacé d’appeler la police», selon le général Ahmad. La mère d’Ali Bashar, interviewée par la radio Deutsche Welle, a prétendu qu’il était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits, au point de ne pas se rappeler de ses agissements le lendemain.

Le jeune homme, dont la demande d’asile avait été rejetée en décembre 2016, avait quitté l’Allemagne le 2 juin avec toute sa famille alors qu’il n’était pas encore soupçonné et que le corps n’avait pas été découvert. 

Les circonstances de son départ ont soulevé des questions en Allemagne sur l’efficacité de la police. Connu des forces de l’ordre, il avait fui avec ses parents et cinq frères et soeurs avec des laissez-passer émis par les autorités consulaires irakiennes. Or sur ces papiers en arabe, les noms étaient différents de ceux figurant sur les billets d’avion, avaient admis les autorités.

Marches blanches à travers l’Allemagne

Le 9 juin, plusieurs marches blanches ont eu lieu à travers l’Allemagne, notamment à Mayence, une ville voisine de Wiesbaden, où résidait l’adolescente. D’autres sont encore prévues pour ce 10 juin.

En marge du sommet du G7 au Canada, la chancelière Angela Merkel a condamné un «meurtre abominable» qui devait être puni à la hauteur de sa gravité si les faits étaient avérés.

«Le chagrin incroyable qui a frappé la famille affecte tout le monde et me touche aussi», a-t-elle ajouté, louant la coopération avec les forces de l’ordre kurdes.

Plusieurs faits divers impliquant des étrangers ont fait débat autour du manque de préparation de l’Allemagne pour contrôler et gérer l’accueil des migrants. Après s’être ouvert à plus d’un million de réfugiés en 2015 et 2016 sur décision d’Angela Merkel, le gouvernement allemand a décidé de mettre un tour de vis à sa politique d’accueil des demandeurs d’asile.

Pour autant, de nombreuses voix, y compris parmi les proches de la chancelière, appellent désormais à modifier la législation en matière de droit d’asile. «Il n’est pas normal qu’un demandeur d’asile débouté puisse prolonger son droit de séjour de plus d’un an en déposant un recours», a par exemple accusé un porte-parole de la CDU, Mathias Middelberg, à un journal local.

Lire aussi : Allemagne : au cœur d’un scandale, un bureau d’étude des demandes d’asile sanctionné

Source: https://francais.rt.com/