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Source: International - Google News

Un rapport de l’ONG Conflict Armament Research (CAR), consulté jeudi par l’Agence France-Presse, dévoile que le groupe État islamique (EI) s’est armé indirectement grâce aux États-Unis et à l’Arabie saoudite. Dans ce document publié au terme de trois ans de recherches sur le terrain, l’ONG CAR analyse l’armement utilisé par l’EI, en se basant sur un échantillon de 40 000 pièces. Des armes fournies aux rebelles en Syrie, notamment par Washington et Riyad, sont tombées aux mains des djihadistes.

Selon Conflict Armament Research, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont fourni des armes « apparemment à des forces de l’opposition syrienne », et ce, de manière illégale. L’ONG explique ainsi que, dans la plupart des cas, les États-Unis n’avaient pas le droit d’envoyer aux rebelles cet armement obtenu auprès de fournisseurs européens, en vertu des accords signés qui interdisent au pays acheteur de transférer ce matériel sans autorisation préalable. « La fourniture de matériel [militaire] dans le cadre du conflit syrien, par des parties étrangères, notamment les États-Unis et l’Arabie saoudite, a indirectement permis à l’EI d’obtenir des quantités substantielles de munitions antiblindage », poursuit CAR.

Du matériel capturé « sur le champ de bataille »

Sans détailler les circonstances qui ont permis aux djihadistes d’obtenir cet armement, le rapport explique toutefois que les combattants de l’EI ont parfois pu s’emparer de ce matériel « en le capturant sur le champ de bataille ». Le rapport de CAR vient aussi conforter l’idée selon laquelle l’EI « a initialement capturé la plus grande partie de son matériel militaire auprès des forces du gouvernement irakien et syrien », une partie de l’armement utilisé par les djihadistes étant identique à celui des troupes des deux pays.

Après sa montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires, l’EI est aujourd’hui sur le point de s’effondrer en Syrie, et l’Irak a récemment proclamé la « victoire finale » sur l’organisation djihadiste. L’EI ne contrôle plus aujourd’hui que 5 % du territoire syrien. Les djihadistes tiennent encore quelques villages dans la province de Deir ez-Zor (Est), ainsi que des poches dans les provinces de Homs et Hama (centre). Il maintient une présence dans deux quartiers périphériques de Damas, et des combattants affiliés à l’EI sont actifs dans la province de Deraa (Sud).

Déclenché en 2011 avec la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar el-Assad, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.