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Source: France - Google News

Dans un paysage politique en pleine décomposition/recomposition, le chef de l’État a le champ libre pour mettre en œuvre ses engagements de la campagne présidentielle. Le Figaro Magazine évalue ses actes.


Retrouvez l’intégralité de notre dossier:

Macron, sept mois à l’Élysée: Le Figaro Magazine lui remet son bulletin de notes

Agnès Verdier-Molinié: «Le plus dur reste à faire en matière économique et sociale»

Luc Ferry: «Blanquer est un atout essentiel pour Macron»

Politique étrangère: le sans-faute de Macron

Politique d’intégration: «Un changement de direction s’impose»

Lutte contre le terrorisme: «On peut faire encore mieux pour notre sécurité»

Environnement: «bilan positif pour l’énergie, pas pour l’agriculture»


Le candidat Macron avait promis une Révolution*, titre de son livre-programme de 2016. Mais si, d’après le Littré, le mot «révolution» signifie, au sens figuré, un «changement dans les choses du monde», il désigne au sens propre le «retour d’un astre au point d’où il était parti». Depuis sept mois, la France est bien «En Marche», mais progresse-t-elle vraiment? Pour le savoir, Le Figaro Magazine publie, en partenariat avec l’iFRAP, le Macronomètre, outil d’analyse de l’action du chef de l’Etat et de son gouvernement. Régulièrement actualisé, il permettra de vérifier si le président respecte les engagements du candidat et surtout d’évaluer l’impact des réformes économiques et sociales menées par l’exécutif. Dans sa dernière – et unique à cette date – interview télévisée, Emmanuel Macron a demandé à être «jugé sur [ses] résultats». Nous le prenons au mot.

Politiquement, la voie est libre pour le Président comme rarement elle l’a été pour ses prédécesseurs. L’étroitesse de sa base électorale est compensée par la dispersion de ses adversaires. A droite comme à gauche, les «vieux» partis n’en finissent plus de s’atomiser. Les Républicains ont offert à Laurent Wauquiez une victoire incontestable en l’élisant à la tête du parti dès le premier tour, mais le plus dur reste à faire pour l’aspirant-candidat à la présidentielle de 2022, comme en témoigne le départ théâtral de Xavier Bertrand, qui a claqué la porte de LR lundi. Comment devenir le «premier opposant» à la politique du gouvernement quand les députés et sénateurs LR ont voté massivement pour la réforme du code du travail, préférant la cohérence à une guérilla parlementaire que leur électorat n’aurait pas comprise? Et le dilemme va se répéter puisque la modification des règles de l’assurance-chômage, telle qu’elle est annoncée, devrait correspondre aux propositions qu’avait défendues Laurent Wauquiez lui-même lorsqu’il dénonçait le «cancer de l’assistanat».

Dépouillée d’une part significative de son projet économique, la droite se rabat sur le régalien et le sociétal, quand elle ne se réfugie pas dans un attentisme vigilant.

Dépouillée d’une part significative de son projet économique, la droite se rabat sur le régalien et le sociétal, quand elle ne se réfugie pas dans un attentisme vigilant. Valérie Pécresse, rivale potentielle du futur patron de LR pour 2022, s’est retranchée dans sa place forte francilienne. Mais elle consolide aussi son mouvement, Libres!, qui peut la propulser, le moment venu, dans la course à la présidentielle. Les adversaires de Laurent Wauquiez guettent ses faux pas dans la mise en œuvre d’une stratégie dont ils partagent, au fond, l’objectif: reconquérir l’électorat déçu par Marine Le Pen.

L’ex-candidate du Front national, quant à elle, est trop occupée à réparer les dégâts de la présidentielle au sein de son mouvement pour disputer à Jean-Luc Mélenchon un rôle de premier opposant qu’il peine par ailleurs à tenir. Le chef de La France insoumise a publiquement concédé «le point» à Emmanuel Macron dans la bataille du code du travail. Contrairement à Marine Le Pen, attaquée par son ex-lieutenant Florian Philippot, l’imprécateur de la gauche radicale n’a pas de concurrent dans son camp, mais il doit y gérer les tensions croissantes entre deux visions «irréconciliables» de la laïcité, pour reprendre le mot de Manuel Valls.

Tout cela pour le plus grand bonheur d’Emmanuel Macron, qui ne dédaigne pas aider ses adversaires à s’entre-détruire. Le PS n’est plus à abattre, il est à terre, au point que pas un seul des anciens hiérarques socialistes ne s’est encore dévoué pour essayer de le redresser. Benoît Hamon, après sa contre-performance historique à la présidentielle, a fondé son propre parti, Génération.s, dont il a l’ambition de faire ni plus ni moins que «la première force de progrès en France». Prudemment, il n’a pas précisé à quelle échéance.

Chacun a les yeux fixés sur mai 2019, date prévue des élections européennes et premier test en grandeur réelle de l’efficacité du «changement» version Macron.

* Editions XO, 270 p., 17,90 €.