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Source: France - Google News

Disons-le tout net : il existe des différences entre François Hollande et Emmanuel Macron. De style, en particulier à l’égard de la presse, tenue à l’écart. D’époque, puisque l’on perçoit que la crise du système politique est un fait de l’Occident, non de notre seul pays. Surtout, le système politique français est, Emmanuel Macron en est à la fois le symptôme, le responsable et le bénéficiaire, en ruines. 

Au-delà de ces différences, Emmanuel Macron, ancien conseiller de François Hollande, ancien Secrétaire Général Adjoint de l’Elysée sous François Hollande, ancien Ministre de François Hollande, présente pourtant dans l’exercice du pouvoir, des similitudes grandes avec son mentor.

Premièrement, comme François Hollande, Emmanuel Macron, les grands mots de Mai 2017 remisés, n’oublie pas, au jour le jour, la petite politique politicienne. Il s’apprête, lui que l’on présente – à tort – comme grand européen, à transformer le scrutin européen de 2019 en un sujet national, ce qui choque jusqu’à ses plus forts soutiens en Europe. Pas une semaine sans qu’un de ses « lieutenants » ne distille l’idée que la révolution macronienne nécessitera deux mandats. Plus largement, il faut être sourd, aveugle, voire franchement cynique, pour ne pas voir qu’Emmanuel Macron passe une partie importante de ses journées non pas à réformer la France mais à préparer sa réélection en fracturant le paysage politique et notamment la droite. François Hollande n’aurait pas fait mieux.

Deuxièmement, comme François Hollande, Emmanuel Macron, ayant promis tout, son contraire, et soyons justes, finalement pas grand chose, ne réforme pas la France. Certes, il déplace – dans le bon sens – quelques curseurs sur le marché du travail, même si en concentrant le rapport salarial au niveau de la branche, il choisit une réforme en réalité a minima, peu susceptible d’agir sur le niveau de chômage. Certes, dans le domaine de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, seul Ministre d’envergure de ce gouvernement, semble déterminé à enfin renverser la spirale de la démagogie post soixante-huitarde qui a méthodiquement sapé les fondements de notre école républicaine, et affaibli notre productivité du travail. Certes, Emmanuel Macron a le verbe haut sur la scène internationale, borgne au Royaume des aveugles. Mais où est la réforme de la sphère publique, Mère de toutes les réformes, sans laquelle l’on ne parviendra pas à remettre l’économie française d’aplomb et à sauver l’euro ? Même la Commission européenne et la grande presse financière anglo saxonne qui l’ont tant soutenu, peu suspects d’anti macronisme primaire, commencent à distiller ce secret de Polichinelle : les déficits ne sont pas réduits, la dépense publique n’est pas mise sous tension, la France n’est pas réformée. Mais gageons que comme François Hollande, Emmanuel Macron, vers le mi quinquennat, nous sortira d’un chapeau, à l’émerveillement des niais, un « pacte de compétitivité », un « contrat pour la France 2050 » ou autre soi disant révolution copernicienne, destinée à faire diversion le temps que la prochaine élection arrive.