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Source: France - Google News

Le procès Tron sera-t-il renvoyé ? Ce vendredi matin, en ouverture de la quatrième journée de procès du maire de Draveil et son ancienne adjointe Brigitte Gruel, les avocats des deux accusés ont demandé le renvoi du procès, expliquant que le “manque de sérénité des débats” empêchait la poursuite des audiences.

Maîtres Antoine Vey et Frank Natali ont particulièrement visé la diffusion jeudi soir d’un documentaire d'”Envoyé spécial” consacré au dossier. Un sujet entièrement “à charge”, ont-ils dénoncé, et faits de “mises en scène” de nature à influencer le jury populaire. Lequel est censé prendre une décision le 22 décembre prochain. Ils déplorent également “la mise en cause personnelle” de Régis de Jorna, le président de la cour, lors des comptes rendus des débats de mercredi réalisés sur Twitter.

“Un écran de fumée”, ont rétorqué les parties civiles et l’avocat général. La décision est attendue à 14 heures. Au moment où la cour s’est retirée pour délibérer, Virgine Ettel, dont l’interrogatoire était prévu ce vendredi, s’est trouvée mal et son état a nécessité l’intervention de secours dans la salle d’audience.

Procès Tron : “‘Un morceau de viande’ ? C’est-à-dire ?”

“Une campagne de tweets inacceptable”

Dès jeudi, la défense avait saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour demander la déprogrammation d’un sujet d'”Envoyé spécial” qui a été diffusé dans la soirée sur France 2, nommé “Un maire aux assises : celle qui accuse”.

Selon les arguments exposés par les avocats de Georges Tron et Brigitte Gruel, la mise en cause personnelle du président de la cour et la “pression médiatique” qui pèserait sur l’audience depuis l’ouverture du procès nuisent à la présomption d’innocence des accusés et à la capacité de la cour de “poser toutes les questions nécessaires” aux deux plaignantes.

Ce jeudi, lors de l’interrogatoire de Virginie Ettel par Régis de Jorna, plusieurs médias, dont “l’Obs”, avaient souligné la maladresse, par moments, du président lors des questions à la plaignante. Les deux avocats de la défense ont aussi visé “une campagne de tweets inacceptable de journalistes et de militants”.

“Tout le monde vous voit ! Faites vos affaires plus discrètement !”, a notamment lancé Frank Natali, l’avocat de Brigitte Gruel, à des journalistes, portable en main dans la salle. 

“Nous sommes arrivés à un point inacceptable. Le fait qu’un président d’assises soit mis en cause nous fait penser que peut-être le président n’ose plus poser toutes les questions dans un dossier complexe”, a déclaré Me Antoine Vey, un des avocats de Georges Tron. Même constat pour Me Frank Natali :

“Ce contexte place la cour dans une situation impossible puisque la décision du président est déjà anticipée, déjà commentée !”

“Tarte à la crème” et “écran de fumée”

“Si vous devez être acquitté, autant l’être tout de suite, pourquoi reporter ?”, a rétorqué l’avocat général Frédéric Bernardo, affirmant que le “débat a lieu ici, ce qui se passe à l’extérieur m’est parfaitement égal”. “C’est une tarte à la crème ! Ce débat est aussi vieux que la cour d’assises !”

Les avocats des deux plaignantes, Virginie Ettel et Eva Loubrieu, ont également demandé à la cour de s’opposer à la demande de renvoi. “On essaye de dresser des écrans de fumée. Il n’y a aucune raison de renvoyer ce procès […] Aujourd’hui, la cour d’assises est parfaitement en mesure de rendre la justice dans des conditions optimales, ce dossier a commencé et doit se finir. La défense cherche à gagner du temps, pour que le procès ne se tienne pas pour empêcher la cour d’assises de faire son travail.”

Lucas Burel

Lucas Burel

Source: France - Google News