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Source: France - Google News

Valérie Pécresse garde ses distances avec Laurent Wauquiez. Invitée ce vendredi matin chez nos confrères de RTL, la présidente de la région Ile-de-France, qui s’est entretenue avec le nouveau président des Républicains jeudi, a déclaré avoir  “fait le choix de la liberté dans (sa) famille politique”, contrairement à Xavier Bertrand.

“Je fais le choix, avec tous ceux qui partagent ma sensibilité politique, de rester dedans mais d’être différent. Cela veut dire que j’ai refusé la proposition que m’a faite Laurent Wauquiez de présider le conseil national du parti. Je l’ai refusée parce que présider ce conseil national c’était finalement donner un blanc-seing à Laurent Wauquiez et adhérer à une ligne politique qui n’est pas la mienne”, a lâché Valérie Pécresse, affirmant ne pas vouloir se “lier les mains” ni se “bâillonner”.

“Peser sur l’avenir de la droite”

Celle qui a fait part de sa volonté de “garder entière (sa) liberté de parole et d’action” entend continuer à “peser sur la ligne politique qui sera celle de la droite”. “Je veux être à 100% acteur de la reconstruction de ma famille politique […]”, a-t-elle ajouté, déplorant un “débat d’idées qui n’a pas eu lieu pendant la campagne”.

L’ancienne ministre du Budget a lancé un appel à tous les “militants et à tous les élus qui sont tentés de quitter la droite parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans la ligne politique de Laurent Wauquiez”. “Restez avec moi, ne renonçons pas à peser sur l’avenir de la droite”, a-t-elle encore déclaré.

Pour ce faire, Valérie Pécresse entend s’appuyer sur Libres, mouvement d’idées qu’elle a lancé en septembre dernier, en créant un programme “qui ne sera pas uniquement attaché à la France d’hier, mais qui voudra construire la France de demain”, a-t-elle expliqué, glissant au passage un tacle à Laurent Wauquiez. Une cohabitation au sein des Républicains? Non, répond l’intéressée qui assure ne pas être “là pour diviser” mais “pour apporter”, a toutefois précisé la présidente de la région Ile-de-France.

Pécresse met en garde Wauquiez

Selon Valérie Pécresse, le nouveau président des Républicains “aurait préféré ne voir qu’une seul tête” et une seule ligne politique au sein du parti. Elle attend désormais “de voir quels seront les gestes de rassemblement qu’il fera vis-à-vis de ceux qui ne pensent pas comme lui”. 

Celle qui refuse de “renoncer à faire vivre ses idées” en a profité pour égratigner Laurent Wauquiez, avec qui elle dit avoir “des différences politiques fortes”. “Moi je n’ai pas, au deuxième tour de l’élection présidentielle, face au choix Marine Le Pen-Emmanuel Macron, hésité un seul instant”, a-t-elle lancé.

Récusant toute “porosité avec le Front national”, Valérie Pécresse a mis en garde Laurent Wauquiez en faisant part de deux autres lignes rouges: “le respect des sensibilités et de leur place dans le mouvement” et l’adoption d”‘une ligne euro-lucide et non eurosceptique”. Et de poursuivre, catégorique: “Il y a des choses que je n’accepterais pas, et quand je ne l’accepterais pas, je le dirais”.

Si Laurent Wauquiez à obtenu près de 75% des voix lors de son élection à la tête des Républicains, Valérie Pécresse rappelle que “seulement 40% des militants qui auraient pu voter se sont déplacés”. “Cela veut donc dire qu’il y a énormément de militants, plus de 140.000, qui ne se sont pas retrouvés dans les candidats à cette élection”, a-t-elle ajouté avant de conclure que, “vu le morcellement de la droite et du centre, je pense qu’il est inéluctable qu’il y ait en 2022 une primaire pour rassembler”.