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Le projet de loi de lutte contre la vie chère en Outre-mer sera présenté le 19 septembre en conseil des ministres. En attendant les discussions vont être menées tambour battant.

« Il faut aller très vite. La négociation commence maintenant. » Victorin Lurel n’a pas de temps à perdre. Son projet de loi contre la vie chère devrait être présenté au conseil des ministres du 19 septembre, puis au Sénat début octobre. « D’ici là, il nous faut avoir épuisé toutes les voies de la concertation et de la négociation amiable » , a souligné le ministre à l’issue du conseil des ministres d’hier au cours duquel il a présenté les orientations de sa politique dans le domaine.

« C’est la première fois depuis Pierre Mauroy, en 1985 sur le foncier, que l’on s’en prend aux structures » , a argumenté le nouveau résident de la rue Oudinot. Les secteurs visés sont connus. En première ligne se trouvent le commerce alimentaire et celui des carburants. Dans ce dernier « on a vu prospérer des rentes de situation malgré des prix administrés » , a précisé Victorin Lurel. Avant la fin de l’année, il compte revoir le décret réglementant la fixation des prix des carburants dans les Dom. L’objectif est « d’avoir des marges raisonnables dans un secteur où il n’y a pas de concurrence » .
Les secteurs du transport aérien et maritime, notamment le fret, les secteurs bancaire, financier et assurantiel sont dans la ligne de mire. En matière de téléphonie mobile, la rue Oudinot est déjà à l’ouvrage. Le ministre reçoit demain Stéphane Richard, le président directeur général d’Orange, pour les communications fixes et mobiles. Il verra également les opérateurs pour l’internet. « Je crois que tous les chefs d’entreprise peuvent le comprendre, espère le ministre, il s’agit d’introduire plus de concurrence. »

« JE NE M’ATTENDS PAS À UNE PARTIE DE PLAISIR »

Les entreprises, les élus, les organisations de consommateurs et les collectivités seront consultées à Paris et dans les départements d’Outre-mer où les préfets organiseront des tables rondes.
Victorin Lurel envisage certaines contre-propositions et les objections des fédérations patronales qui iront le rencontrer. Le ministre a déjà reçu la Fédération des entreprises d’Outre-mer (Fedom). « Je ne m’attends pas à une partie de plaisir » , confie-t-il. Les avancées qu’il défendra sont « de nature, à moyen et long terme, à améliorer les choses, à créer de l’emploi et à sauvegarder le pouvoir d’achat » . Des décisions ayant un impact immédiat seront toutefois prises, à l’image de l’arrêté pris dernièrement à Mayotte pour fixer le prix du gaz.

Malgré les oppositions des lobbys qui ne manqueront pas, le ministre espère des accords amiables mais il prévient que cela devra se faire « dans un temps raisonnable » sans quoi il s’attaquera à la réglementation et aux lois. Il a cité les étapes : négociation, accords amiables, loi et décrets.
Dans la grande distribution, Lurel espère des avancées ne nécessitant pas le vote d’un texte au Parlement. Il compte sur la société civile, les collectivités locales et les entrepreneurs. Mais il faudra « aller plus loin, avec l’accompagnement de l’État sur les groupements d’achats de détaillants, les plates-formes logistiques… » . Le ministre a rappelé qu’il veut créer un vrai « contre pouvoir des consommateurs, renforcer les observatoires de prix, et les organisations de consommateurs pour qu’elles aient les moyens de faire des comparatifs de prix. »

Le ministre a également indiqué que la grande conférence économique et sociale permettra d’aborder les questions de productions et de fiscalité. Il espère l’adoption définitive de la loi contre la vie chère d’ici la fin de l’année.