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Source: bfmtv.com

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A la veille de l’ouverture du grand débat national souhaité par Emmanuel Macron afin de trouver une issue à la crise des gilets jaunes, de nombreuses questions se posent. Si la lettre adressée aux Français ce dimanche a déjà donné plusieurs axes de réflexion, c’est le rôle des corps intermédiaires, en particulier les maires dont le concours est souhaité par l’exécutif, qui est soumis à interrogation. 

“On organise pas le grand débat. On met des moyens matériels à disposition. On est facilitateurs, sans ingérence politique ou idéologique”, explique par exemple John Billard, président départemental et vice-président national de l’Association des maires ruraux, dans les colonnes de L’Echo Républicain

Dans le kit de méthodologie mis à disposition de tous par la Commission nationale du débat public (CNDP), il est en effet souligné que les municipalités doivent mettre à disposition de ceux qui le souhaitent un espace de débat. Ce weekend, l’expérience a par exemple été tentée du côté de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, où la réunion a tourné au règlement de comptes. 

Les maires pris au dépourvu

Reste que la situation est loin d’être satisfaisante pour bon nombre d’élus, qui se retrouvent pour la plupart pris au dépourvu. “Je n’ai pas envie qu’on soit non plus les punching-balls de la République” explique l’un d’entre eux au micro de RFI

“On va essayer d’improviser parce qu’on n’a pas reçu d’instructions très précises, mais je pense surtout qu’il faut que chaque maire soit pragmatique et permette à la population de venir s’exprimer d’une manière ou d’une autre”, poursuit-il. 

Cette impression d’être la “dernière roue du carrosse”, ou tout du moins une solution de repli, beaucoup d’édiles la ressentent. D’autant plus que les Français à se présenter en mairie afin d’apporter propositions et commentaires sont nombreux. 

“La démarche du président est intéressante, je crois qu’il faut dire que le rôle des maires est de faire fonctionner les services publics locaux, d’aménager leurs territoires, de permettre à leurs concitoyens de vivre le mieux possible. Notre boulot c’est pas animateur, c’est de gérer des territoires” explique Philippe Laurent, secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF) sur BFMTV.

Divergences idéologiques

Mais c’est au niveau de l’idéologie que la division semble plus profonde, presque irréconciliable. Beaucoup d’élus restent frileux à l’idée d’organiser le débat, de peur d’être assimilés au gouvernement. 

“Les maires de France ne se sentent en aucun cas engagés par ce débat et ne sauraient être, à quelque niveau que ce soit, co-organisateurs. On refuse d’être associés à la démarche du gouvernement”, explique le socialiste André Laignel, vice-président de l’Association des maires de France. 

Localement, cette sensation est également perçue. Interrogé par Le Parisien, Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes et président de la fédération LR des Hauts-de-Seine, estime qu’on “ne peut pas nous demander d’éteindre l’incendie allumé par Emmanuel Macron. Ce d’autant plus après avoir passé 18 mois à mépriser les élus locaux!”

“Les maires ne peuvent pas animer ces débats, il faut des personnes totalement neutres et cela ne peut pas être des élus locaux” souligne quant à lui Denis Larghero, maire UDI de Meudon, toujours dans les colonnes du quotidien francilien. 

A moins de 24 heures du lancement d’un débat inédit dans la Ve République, l’indécision est donc toujours de mise. Au point d’interférer dans la transmission des messages des Français? Réponse dans deux mois, le temps que doit durer ce grand débat national. 

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