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B.C. Jeudi 21 Mai 2020 – 10h12

Sébastien Auguste, cet individu condamné pour avoir ouvert le feu, dimanche, dans une des sections situées entre Capesterre-Belle-Eau et Goyave, a été condamné à 3 ans de prison ferme. Avec mandat de dépôt à la clé. Retour sur des faits presque banals mais aussi dangereux qu’inquiétants.

Depuis mardi, Sébastien Auguste, un jeune Capesterrien au casier judiciaire pourtant jusqu’ici vierge, croupit en prison. Les magistrats assurant l’audience des comparutions immédiates du tribunal correctionnel de Basse-Terre ont fait preuve de fermeté. Trois ans de prison ferme — sans l’éventuel décompte des remises de peines automatiques ou pour bonne conduite, ni la possibilité de libération anticipée pour préparer une réinsertion). La sanction est lourde.

Cet individu était jusqu’alors inconnu des forces de l’ordre et de la justice. Mieux : il venait même de décrocher un CDI. Sauf que rien n’y a fait face à des magistrats confrontés, depuis la fin du confinement, au grand retour de faits de violences par arme à feu. En quelques jours, plusieurs incidents criminels ont fait leur réapparition. Mardi, deux individus ont ainsi été légèrement blessés lors de tirs, à Agrément, à Saint Martin. Plus près nous, dimanche après-midi, des faits identiques sont survenus à Four-à-Chaux à Sainte-Marie/Capesterre. Ceux-là même qui valent désormais à Sébastien Auguste, âgé de seulement 22 ans, de prendre le chemin de la détention.

Les faits qui ont mobilisé la brigade de recherches de Saint-Claude, les militaires de la brigade de Capesterre ainsi que les TIC (techniciens en investigations criminelles) sont aussi banals qu’inquiétants.

Course poursuite façon gymkhana

Tout débute dans l’après-midi de fin de week-end dernier quand les forces de l’ordre sont avisés de tirs. « Il n’a pas été simple d’identifier la victime ciblée qui a peut-être des antécédents mais qui ne pose pas de problème actuellement », gardent en tête, trois jours plus tard, les enquêteurs. Il est aux environs de 15 heures quand la déflagration retentit. Par chance, la victime ciblée par le tir effectuée à courte distance n’est pas atteinte. Il n’en va pas de même d’un pick-up et d’une tierce personne totalement étrangère à l’affaire, très légèrement touchée par un unique plomb.

« La victime, qui est un peu plus âgée que le tireur, s’est présentée au domicile de ce dernier. Le ton est monté », expliquent les militaires. Sur le papier, la première aurait demandé à la seconde de ne pas l’imiter sur le chemin de la délinquance. Genre grand frère. Toujours est-il que les mots et l’argumentation adoptée n’ont visiblement pas porté leurs fruits. L’issue de la discussion se résumant à un premier coup de feu tiré, puis une fuite en voiture de l’auteur du coup de feu, avec comme suite presque logique… une course poursuite, en pick-up, par la personne visée façon gymkhana.

Du côté de l’intersection de Christophe, le tireur pris en chasse par sa cible initiale, a semble-t-il perdu le contrôle et, au sortir de l’habitacle de sa voiture accidentée, a de nouveau dégainé son arme dans l’espoir de se tirer de cette mauvaise passe. « Ce qui est évident, à l’issue de tout ça, c’est que la victime était alcoolisée (celle visée par les tirs, NDLR) », précisent encore les forces de l’ordre.

Dans tous les cas, ces éléments n’ont pas fait ciller les magistrats à l’heure de rendre leur décision. Ils ont lancé un avertissement pour appeler le reste de la population au calme, au discernement et à la retenue à l’heure de la fin du confinement.