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Alors que la crise du coronavirus a drastiquement réduit l’année scolaire, les étudiants ne reprendront pas les cours avant le mois de septembre, selon les directives nationales. Le président de l’Université, Eustase Janky revient sur les mesures prise pour les examens, mais aussi la rentrée à venir.

Cette fin d’année a été quelque peu chamboulée, comment cela s’est il organisé ?
lL faut savoir que du 17 mars, jours du confinement au 11 mai, il n’y a eu aucun examen ou contrôle de connaissances. Pour certaines formations des enseignants ont continué à travailler. Cependant, pour poser des sujets d’examens, il faudra que tous les enseignants des filières, via des demandes des doyens au président, puissent assurer que tous leurs étudiants ont eu accès aux cours. Car certains étudiants n’ont pas accès aux outils numériques et il ne faut pas sous-estimer leur nombre. Il y a aussi des étudiants qui sont en situation de handicap. Nous nous sommes organisés, avec des airbox, pour avoir une connexion mais on tâtonnait encore. Dire que tout le monde a eu accès à tout ça c’est difficilement vérifiable. Autrement dit, si un cours a été fait au complet, le doyen fait la démarche auprès du président et donne l’assurance que tout le monde a eu accès au cours. Et si jamais durant cette période si un enseignant a posé des sujets d’examens, ce qui n’est normalement pas arrivé, ça ne comptera pas pour la note de fin d’année.

Donc comment on fait pour évaluer l’année et admettre les étudiants dans l’année suivante ?
Beaucoup de cours étaient déjà terminés, on était pratiquement dans la période des examens. Donc on va se fonder sur des cours qui ont eu lieu avant le 15 mars et après le 11 mai, même si, à compter de cette date, l’université n’accueille pas plus d’étudiants que durant le confinement. Les examens seront des devoirs exécutés à domicile. Il y aura une session d’examen en juin, une autre en juillet. Toujours à domicile. Mais un jury se réunira, un vrai jury d’examen. Ce qui signifie un point important : on ne brade pas les diplômes. Aucun semestre n’est neutralisé, et les notes ne sont pas automatiques non plus. Il faut bien le noter. Nos diplômes sont d’un bon niveau et nous gardons la qualité de nos diplômes.

Ce sont les grandes lignes mais quelles spécificités filière par filière ?
En effet, ce sont les grandes lignes (voir note de cadrage) : examens à domicile, avec jury d’examen. Pour chaque formation, il y a des spécificités, mais c’est le doyen qui doit mettre en oeuvre ce que nous avons décidé en central. Et pour chaque formation spécifique il y a des discussions à avoir, afin d’avoir une certaine souplesse. Par exemple, les stages, nous allons devoir peut-être réviser des barèmes de notations, neutraliser quelques heures d’un enseignement s’il est un bonus pour le diplôme dans lequel il est dispensé, mais cela reste à l’appréciation des doyens, avec leurs responsables de formation et qui rentrent en contact avec les étudiants.

Comment envisagez-vous la rentrée ?
On ne parle pas de plan de relance, mais on parle de plan de rebond. On n’a pas terminé le confinement, on est au déconfinement, et on se demande déjà comment rebondir. Pour l’instant rien n’est dit. Si on suit les recommandations du Premier ministre, on accueille les étudiants en septembre. Mais les choses évoluent et on ne sait pas du tout dans quel sens. La rentrée de septembre dépendra beaucoup de l’existence ou non d’une deuxième vague et on ne peut pas s’avancer là dessus. Nous commençons déjà, pour autant, à sécuriser nos acquis. Et puis nous suivrons les directives pour accueillir les étudiants dans le respect des règles sanitaires.

Quels enseignements tirer de cette période ?
Nous avons appris à faire des cours en ligne, à mettre des cours en ligne, à faire des web-conférences avec nos étudiants. Nous devons capitaliser sur ces acquis. Et on tentera d’améliorer tout ça, au cas où l’interdiction de revenir sur site soit prolongée. Et j’irai même plus loin, même si on nous donne l’autorisation de revenir sur le terrain, cette période de confinement a révélé chez certains des qualités qu’on n’imaginait pas avant, la capacité de résilience et d’adaptation que nous avons, s’est démontrée. Et cela nous permettra de travailler autrement. Nous sommes en transition pédagogique : même si l’on rouvre l’université, j’aimerais que certaines formations continuent à distance, en partie ou complètement. Tout le monde a à gagner là-dedans. Et cela peut même régler certains problèmes pour des étudiants en situation de handicap par exemple. Cela nous a appris des méthodes de travail. Je me suis rendu compte que certains enseignants travaillent bien chez eux et cela m’étonnerait fort qu’ils soient réfractaire à cela. Tout n’est pas mauvais.

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note de cadrage de l’UA