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Le Département vient d’obtenir de la famille d’Adolphe Catan la cession de leur “trésor” : un fonds de quelque 20 000 photos qui sera conservé aux Archives départementales et valorisé dans diverses expositions. Un prix portant le nom de l’artiste et récompensant les photographes sera aussi créé courant 2020.

C’est « l’album de famille de la Guadeloupe » : un fonds privé de quelque 20.000 clichés du photographe guadeloupéen Adolphe Catan vient d’être donné aux archives départementales de la Guadeloupe, qui prendront en charge sa conservation, a annoncé à l’AFP Dominique Thuriaf-Irénée, cheffe de cabinet du département.

« Longtemps après la mort de mon père survenue en 1979, j’ai découvert les malles pleines de négatifs et de plaques de verre : j’ai su qu’on avait un trésor », précise à l’AFP Addy Catan, l’une des filles d’Adolphe. C’est elle, aussi photographe, qui a commencé le travail de développement, d’archivage et de numérisation des photos.

La famille a signé mercredi la cession du fonds aux archives départementales. « Nous avons choisi, avec mes frères et soeurs, de céder ce fonds pour qu’il soit conservé dans de bonnes conditions et rendre hommage à notre père », précise Addy Catan.

« Adolphe Catan est né à Vieux-Habitants en 1899. Lorsqu’il a 18 ans, son père lui offre un appareil photo », raconte Dominique Thuriaf-Irénée. Le jeune homme, pris de passion pour la discipline, va se former dans l’atelier des frères Lumières à Paris et quand il revient en Guadeloupe, devient photographe officiel du gouverneur de l’époque.

« Il va documenter l’histoire de 1926 à 1970 » : époque de Vichy, visites du Général de Gaulle, successions des préfets, inaugurations, rien n’échappe à l’objectif du photographe.

Au delà des photos officielles, l’origine métissée du jeune homme l’amène à s’intéresser aussi aux gens de l’île. « Nous avons des clichés de milliers de Guadeloupéens à toutes les époques, des photos de familles, des scènes de vies et de travail aussi. Adolphe Catan a dressé un portrait sociologique de l’île très loin des préjugés racistes qui avaient cours à l’époque », analyse Dominique Thuriaf-Irénée.

Des paysages viennent aussi compléter l’œuvre du photographe : « Il est monté avec sa boîte noire de 30 kg au plus haut de la Soufrière, à l’époque c’était un exploit ».

Désormais entre les mains des archives, les photos seront exposées dans la maison du premier président de la Cour d’appel de Guadeloupe, actuellement en rénovation et qui deviendra la maison des Arts et de la Culture, dédiée aux arts photographiques au premier semestre 2020. Un prix récompensant des photographes sera également organisé en 2020, et portera le nom d’Adolphe Catan.