PARTAGER
https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/images/2020/05/22/569628_1590151579_pdp-5367-modifiee_330x170.jpg

Dans ce contexte de crise sanitaire et de « déconfinement” progressif, les guadeloupéens semblent reconnaitre l’action voire l’activisme du représentant de l’État en Guadeloupe: le préfet Philipe Gustin, mais aussi de certains élus.

Mais sans plus attendre, de nombreux citoyens et membres de la société civile, se sont engagés de façon autonome pour offrir des solutions face aux difficultés générées chez nous par cette crise mondiale sans précédent. Et de fait, les lignes de la communication politique en Guadeloupe sont en train de bouger au profit d’autres acteurs depuis des mois et encore plus depuis le début de la crise sanitaire. Ces acteurs, ce sont ceux qui sans mandat d’élu veulent intervenir et agir dans un domaine que l’on croyait uniquement réservé à ceux qui se confrontaient au suffrage universel. La société civile désigne l’ensemble des acteurs économiques, publics et associatifs. C’est avec sa participation active et celle de ses diverses institutions représentatives que l’on peut éviter que les contingences politiciennes ne brisent l’élan nécessaire de la transformation désormais inéluctable de nombre de nos modes de fonctionnement. Il appartient à la société civile de s’organiser en force de proposition et de structuration, puis de construire les passerelles avec les élus pour que rassemblement rime avec aboutissement. Qu’il s’agisse d’associations, de collectifs, de groupements professionnels ou de groupuscules, la société civile pose des questions, et exige des réponses : sur les dossiers des conséquences du Coronavirus et du déconfinement, mais aussi de l’eau, du Chlordécone, du chômage des jeunes, de la santé, et des fameux radars tourelles. Parfois même elle propose, et depuis le début de cette crise du coronavirus, elle a pris la main dans plusieurs domaines. C’est en grande partie grâce à elle que les guadeloupéens ont fait preuve d’une extraordinaire résilience pour affronter le confinement. De multiples initiatives ont permis de créer de nouveaux réseaux de solidarité et d’en activer certains endormis. Personne ne peut plus contredire le fait que les guadeloupéens doivent pouvoir mieux et plus participer aux choix politiques qui seront fait désormais. Cette crise grave ouvre cet horizon là et en fait la preuve. Un nouveau contrat social s’avère de toute évidence nécessaire et urgent en Guadeloupe dans un contexte de résilience sociétal et de recalibrage structurel de notre économie et dans lequel l’urgence d’un projet politique guadeloupéen consensuel fait quasiment l’unanimité face aux nombreux défis et problèmes que nous connaissons désormais. C’est un contexte de crise économique et sociale extrêmement grave qui s’annonce. De nombreuses organisations et mouvements citoyens fleurissent sur le territoire et sur les réseaux sociaux et prennent à bras le corps des questions nouvelles, irrésolues ou dans l’impasse qu’il s’agisse de l’autosuffisance alimentaire, de la santé, de la formation, de la culture. Il faut donc que les élus entendent ce bouillonnement créatif, mais aussi l’Etat. De même, la place accordée à la société civile sur le sujet de l’évolution institutionnelle ou statutaire devra aussi être plus forte et plus décisionnelle. En définitive, il faut continuer et étendre cet élan de volontarisme et de participation citoyenne, et surtout dépasser les limites politiques que nous ne nous sommes pas imposées à nous même.