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Avec une Mitsubishi Lancer Evolution 9, de catégorie R4, optimisée, Loïc Derussy abordait la saison confiant. Mais l’épidémie de coronavirus a balayé tous ses plans. Le champion de Guadeloupe 2019 se confie.

Il y a un an quasiment jour pour jour, vous remportiez le rallye du Nord Basse-Terre…
« Oui, aujourd’hui, ça paraît très loin ! Cette victoire était un premier pas vers mon second titre de champion de Guadeloupe (1). Là, je me préparais pour une nouvelle saison, mais on n’a même pas eu le temps de la démarrer ! »

Justement, dans quelles conditions abordiez-vous cette saison ? Celle de la confirmation ?
« On avait décidé de préparer le championnat depuis le Sud-Ouest de la France, avec deux courses à la topographie semblable à la Guadeloupe. Le Grand prix de Marcillac, mi-mars, puis le rallye de Mérignac, fin mars. C’était l’occasion de procéder à des améliorations sur la voiture, juste avant. Ce que nous avons fait. »

Quels organes de la Mitsubishi avez-vous modifiés ?
« La liaison au sol : suspension, géométrie. On a aussi réalisé les révisions « classiques » : boîte de vitesse, freins, plaquettes. Pour le moteur, ça attendra, le pilote n’est pas encore assez sûr (rires) ! En tout cas, la voiture était prête. »

On imagine que l’annonce de l’annulation des courses de début de saison a dû être difficile à vivre ?
« Complètement. D’autant qu’on sait parfaitement qu’une voiture de course est fragile. Et qu’on la pousse très loin. Et dès lors qu’elle ne roule pas, ça devient problématique. Là, on avait consenti pas mal d’efforts sur la voiture. C’est assez mal tombé. »

Comment s’est passée l’entrée en confinement, à la mi-mars ?
« Pas si mal que ça. J’ai d’abord fait en sorte de m’entretenir physiquement, même si j’ai pris deux ou trois kilos ! J’ai respecté le confinement à la lettre mais j’ai un travail assez prenant (2), qui m’a permis de rester actif. Ce fut aussi l’occasion de pas mal relativiser. D’établir un ordre de priorité : la santé, la famille, le boulot et seulement après, le sport. »

« Deux – trois courses cette saison »

Comment envisagez-vous la suite de la saison ?
« Sans beaucoup de certitudes. Comme tout le monde. On espère que les ASA (Association sportive automobile Guadeloupe et Caraïb, les organisateurs du championnat) vont unir leurs forces pour organiser des séances d’essais libres dès la fin juillet, comme ça a pu être fait ces deux dernières années du côté de l’Inra, à Tivoli. Ensuite, on parle de la possibilité d’organiser deux – trois courses. De côte, au Sud Basse-Terre, début septembre, puis le rallye des Grands-Fonds, fin septembre. Avant de boucler la saison par le Karukera Jarry show, en décembre. »

Pensez-vous que c’est réalisable ?
« Je crois que ça l’est. Mais vous connaissez le contexte : les budgets sont serrés. Alors prendre une licence pour deux courses et demie (3). Ce ne sera pas évident pour tout le monde. Il faut quand même savoir qu’une licence, assurances comprises, c’est un billet de 700 euros… »

Mais vous, en tant que champion de Guadeloupe sortant, vous avez forcément des fourmis dans les jambes ?
« Evidemment ! La voiture quitte l’Hexagone fin juin et doit arriver ici à la mi-juillet. Je n’ai qu’une envie : retrouver mon joujou ! »

Votre second titre, l’année dernière, n’avait souffert aucune contestation (il devance nettement Vitalis et Louber au classement final). Quels seront vos principaux adversaires cette année ?
« C’est vrai que j’avais été sacré à Vieux-Habitants, avant même la dernière course (il est presque déçu, NDLR). Pour ce qui est de la concurrence, on pourra compter sur les mêmes pilotes. On aura Pierre et Stéphane Nègre, Nicolas Louber, Quentin Chailly ou Frédéric Pardo. »

Vous avez un parcours assez sinueux. Pouvez-vous nous le retracer ?
« Je suis originaire de Trois-Rivières mais mes premiers souvenirs de course automobile se situent sur le circuit de Saint-François, disparu depuis. Mon grand-frère, Joël, pratiquait le karting et m’a initié à la discipline, à l’âge de 20 ans. Ensuite, faute de moyens, je me suis mis à la moto (2002 – 2003). Mais mon père a mis son véto et après m’être recentré quelques années sur la famille, je me suis lancé dans le rallye, en 2009. »

(1) Son premier titre date de 2013.
(2) Loïc Derussy dirige une entreprise de transport, remorquage et location de voitures.
(3) Un championnat « classique » compte 8 ou 9 courses.

BIO EXPRESS

Loïc DERUSSY

39 ans. Né le 21 octobre 1980 à Basse-Terre.

Voiture : Mitsubishi Lancer Evolution 9 (de catégorie R4).

Principaux résultats : champion de Guadeloupe (2013 et 2019), vainqueur du rallye du Nord Basse-Terre (2019), deux finales du championnat de France (2018 et 2019).