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Le tourisme guadeloupéen vit des touristes qui visitent l’île. Avec la pandémie, ce marché qui était international se réduit à un marché français au mieux. Le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe envisage déjà la stratégie à mener, sans se voiler la face sur de sombres perspectives.

Quel tableau peut-on dresser de la situation touristique ?
2020 se placait sous les mêmes auspices que 2019, l’année de tous les records. En 2019, on a atteint le milliard d’euros de chiffre d’affaires, on avoisinait le million de touristes, portés par les politiques de promotions de la destination. Certains marchés se dégageaient avec les États-Unis, le Canada, la Belgique, notamment. Même l’arrêt de la Norwegian a su être contourné par les engagements avec Jet Blue. On avait un vrai dynamisme en matière de création d’entreprises du secteur touristique, notamment dans le petit investissement privé. Les Guadeloupéens se sont approprié l’activité touristique : on a vu sur 2019 une forte croissance de l’investissement dans des projets d’hébergements de petite taille, pour lesquels nous avons reçu beaucoup de demande d’aide, en commission tourisme de la Région. Les projets de restauration, ont aussi le vent en poupe. C’est aussi dans ces deux segments que passe le gros du chiffre d’affaire, suivi par l’animation touristique, comme les zoos, les jardins, etc… Tout cela était créateur d’emploi.

La pandémie a mis un coup d’arrêt à cette situation florissante…
Le coup d’arrêt est même brutal sur deux volets. D’abord parce que l’île s’est vidée des touristes et ceux qui restaient sont restés confinés. Le second coup est psychologique. Désormais, nous avons l’obligation de trouver un équilibre entre la présence de personnes extérieures et la sécurité sanitaire. Autrement dit, la crainte d’une situation sanitaire compliquée et la nécessité d’un développement économique. Les difficultés pour les entreprises du tourisme aujourd’hui sont considérables. Et pour la suite on commence à peine à avoir de la visibilité.

Qu’est ce qui est prévu pour la suite ?
Selon le plan gouvernemental, on est dans le cadre de la mesure trois. La nouveauté c’est qu’on va travailler avec les autres territoires de la Caraïbe française : Saint-Martin, Saint-Barth, la Martinique, mais aussi la Guyane, avec Atout France, pour recentrer finalement sur un tourisme local. On va pouvoir mener une campagne sur le thème “Partez en vacances en France”. Et puis suivra un plan ambitieux pour le dernier trimestre de cette année. Ou on verra comment nous pourrons recentrer ce plan global de “vacances en France” sur les îles de Guadeloupe. Enfin, on fera le point sur les autres marchés en fonction de l’ouverture des frontières un peu partout.

Comment on anticipe la situation économique de la filière sur l’avenir ?
On n’a pas une visibilité complète. Ce qu’on sait c’est que ça sera difficile. Que les acteurs souffrent. Que, pour rembourser le prêt garanti par l’État, donc il faudra que l’appareil soit en sur-régime pour compenser. Ou bien que les coûts soient augmentés, ce qui réduira l’attractivité du produit. Quoiqu’il en soit il y a des réactions en chaîne et l’économie touristique sera touchée de manière assez sérieuse. Nos marchés proches et hexagonaux sont relativement limités, en matière de nombre : un marché de 67 millions de personnes n’est pas le même qu’un marché européen ou américain de plusieurs centaines de millions de gens. Mais on va travailler ce petit marché attentivement. On a des lignes qu’il faudra appuyer, notamment le virage de l’utralocal, du tourisme éco-responsable, etc.

La Guadeloupe a adhéré à l’organisation des États de la Caraïbe orientale. Dans quelle mesure cette zone pourrait être un marché touristique à viser ?
On est surtout dans le benchmark (comparaison) de ce que nos voisins mettent place sur les méthodes, les communications. Par exemple les anglos-saxons ont des façons de s’adresser très directement à leur clientèle que nous pourrions appliquer. Ils ont aussi mis en place des dynamiques sécuritaires et sanitaires qu’il nous faut regarder et peut-être adopter dans certains cas. Mais pour ce qui concerne l’acquisition de clients dans ces bassins là, on est toujours dans la même situation : ce n’est pas toujours facile pour eux d’avoir des visas pour venir en Guadeloupe. Il y a la question du coût qui reste importante et donc la clientèle est plus restreinte. Il faudrait aussi, pour cela, renforcer les liaisons aériennes inter-îles. Nous n’avons pas une grosse clientèle en Caraïbe et je ne suis pas certain que cela change.