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Le carnaval est un événement festif qui raccourcie les distances. Haut en couleur, en paillettes et fantaisie vous apprécierez “les déboulés” les défilés de groupes se déhanchant aux rythmes des percussions et des sons de coques à Lambi.

Plusieurs signes pour les repérer: Généralement postés en tête de cortège, le groupe des ” mass à fouet”, ce sont principalement des jeunes initiés au claquage de fouet. Ils ne portent pas de costumes, nous dirons des tenues civiles, ils sont parfois encagoulés pour effrayer la foule.

Ensuite les porteurs de banderole ou de drapeau caractérisés par des signes distinctifs (couleurs, sigles , slogan). Il sont suivis des danseurs, chanteurs, c’est un peu le clou du spectacle. Hommes et Femmes paradent âpretés de costumes scintillants, chantent à tue-tête et offrent un spectacle enjoué.

En bout de fil, l’équipe de musiciens composée de cogneurs de tambours qui se déclinent tambours basses, tambours contre-basses, tambour solo; de joueurs de caisses claires parfois de saxophonistes, de trompettistes et d’autres instruments.

Un peu d’histoire

Autrefois le carnaval était pratiqué uniquement par la bourgeoisie. L’évènement donnait lieu à des vastes soirées mondaines costumées qui peu à peu suscitait l’engouement des ouvriers esclaves. A cet instant cette pratique prit le chemin des champs de cannes. Dans un esprit de dérision, les esclaves vêtus de costumes rustiques, aimaient imiter leurs maîtres et s’exprimer à travers des danses frénétiques rythmées par le son des tambours: Ce type de danse était appelé “Bat pyé”. Certains de ces rites caducs se sont évanouie laissant place à une simplicité des pratiques voire un modernisme. Le modélisme intègre peu à peu le carnaval qui subit une forte affluence brésilienne, les groupes veulent alors frapper l’imagination. Les costumes et les chars sont mieux étudiés, les chorégraphies pourraient presque nous conté une histoire, même si le “rimé rin” reste indémodable.

Quelques traditions sont encrées; notamment le claquage de fouet, qui autrefois servait à attirer la fertilité de la terre, du cheptel et même des femmes. Le tambour, sa musique liée aux origines africaines donne une rythmique au carnaval

LeCarnaval une tradition, un exutoire

Habituellement lié au christianisme, le carnaval débute en janvier peu après l’épiphanie jusqu’au mercredi des cendres, à la mi février. On aurait tendance à croire que le carnaval revête un caractère religieux. Les pratiquants catholiques, durant la semaine “grasse” effectue ce qu’ils qualifient ” d’ultime péché “. Toutes fantaisies et écarts avant le Carême sont alors autorisés.

Le Dimanche gras, suivi du Lundi gras: le défilé se fait en pyjamas très le tôt le matin pour les plus aguerris.

Le Mardi gras est le jour de la grande parade où tout le monde s’agglutine dans les artères des communes de Pointe à pitre ou deBasse Terre pour assister au spectacle. Il est coutume de défilé en rouge et noir.

Le Mercredi des Cendres: Ce dernier jour est marqué par la mort du Roi Vaval mais aussi par le début de Carême. En cette occasion, après le défilé en noir et blanc, un gigantesque mannequin “Roi Vaval” créé sous les traits d’un homme, est aspergé de combustible et brulé sur une grande place.

Les groupes carnavalesques en Guadeloupe

Dans la catégories des groupes à “Po”:

  • Akiyo le précurseur carnavalesque. le 1er groupe de la Guadeloupe formé en 1978 à l’initiative de jeunes pointois plus d’info sur //akiyogwadafrica.com
  • Mask a klé
  • Point d’interrogation
  • Voukoum
  • Klé La
  • Nasyon a Nèg Mawon
  • Tikan’No

Dans la catégorie des groupes à “Mass”:

  • Mass moule massif
  • Crazy mass lunik
  • Atafaya
  • Reyel mass bima
  • Voukoum

Dans la catégorie des groupes à “caisses claires”:

  • Avan Van (Moule)
  • Waka (Basse terre)
  • Magma (Basse terre)
  • Double face (Pointe à pitre)
  • Guimbo All Star (Pointe à pitre)
  • Kontak (Pointe à pitre)
  • Waka  Chiré Band (Sainte Rose)
  • Matamba (Saint François)
  • Kasika (Capes terre)
  • Senna All Star

Il y a aussi, les mass a Kongo, ils s’enduisent d’huile de roucou(1). Les mass a goudwon, défilent portant de vieux habits, recouvert de suie, ils ont beaucoup d’humour et peuvent tenter de vous salir (..).

Aujourd’hui les défilés carnavalesques sont figures d’une nouvelle expression symbolique, culturelle et artistique propre au pays susceptible de rapporter des revenus substantiels à la Guadeloupe. Notamment le secteur touristique où les promoteurs y voient un intérêt général. De nombreux groupes ont déjà pris l’envol pour Paris afin de réchauffer le cœur des autres compatriotes pour y apporter de la bonne humeur créole.

(1) pigment rouge extrait des graines de rocouyer