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Trois questions au président de la chambre d’agriculture.

Quelles sont vos trois grandes priorités de la chambre d’agriculture ?
La plus importante des priorités, c’est de régler progressivement les dettes sociales de la chambre d’agriculture que nous avions au niveau de la Sécurité sociale. Nous devions 1,5 million d’euros. Nous avons tout réglé, et il nous reste une partie majoration de 200 000 euros, que nous allons négocier avec la Sécu, et pour laquelle il pourrait y avoir un abandon de créances. Cela permettrait, à la chambre, de monter certains dossiers au niveau du Feader (fonds européen agricole pour le développement rural). Nous avions aussi des dettes au niveau de l’Agence française de développement (AF D). Elle nous faisait des avances de fonds jusqu’à 600 000 ou 800 000 euros, nous avons pris un accord de paiement, et nous avons décidé de vendre une partie de notre patrimoine immobilier à hauteur de 78 000 euros et de 120 000 euros. Nous demanderons un échéancier pour pouvoir honorer ces dettes pendant plusieurs années.
Quelle sont les deux autres priorités ?
La deuxième priorité, c’est de redonner une bonne image de la chambre. Elle a été décriée, or elle a été à l’initiative de la création d’Iguavie (la filière élevage) et d’Iguaflore (la filière végétale). Nous n’avons sans doute pas assez communiqué là-dessus. Il s’avère qu’avec ces structures, il manque de la production pour assurer la demande quelle que soit la spéculation (ovins, bovins, etc.). Nous ferons plus de vulgarisation. Il y a plus de 60% de la profession qui ne passe pas par les structures organisées. Il faut que cela change.
La troisième priorité concerne le foncier. Pour ce qui est de la surface agricole utile, nous possédons environ 35 000 hectares. Il y a une perte de 100 hectares par an sur les dix dernières années. Et donc nous sommes de plus en plus regardant pour empêcher la disparition du foncier. Une commission départementale décidera, avec des professionnels, des syndicats agricoles et la chambre d’agriculture, de la prise du foncier pour effectuer d’autres activités.
3 000 hectares ont aussi été souillés par la chlordécone. Avec la Direction des affaires foncières, une aide de 10 000 euros sera octroyée de manière dégressive sur 3 ans pour 80 dossiers d’agriculteurs présentés par la chambre d’agriculture. Ce sera un apport personnel qui leur permettra de réorienter leurs exploitations.
L’installation des jeunes agriculteurs (une dizaine) nous préoccupe aussi, ils n’ont pas de terre. Or, il y a des gens qui sont installés en réforme foncière, mais qui ne travaillent pas, qui ne sont pas productifs (5 à 10% ). On ne peut plus vivre que de la canne, il faut travailler en polyculture associée à la canne avec des productions à cycles courts. Il faut rentabiliser les surfaces pour faire plus de rendement.
Que voulez-vous réaliser à la chambre pour les mois à venir ?
Nous devons gérer la chambre avec plus de rigueur au quotidien. Et j’aurais aimé que l’on puisse trouver un consensus et ainsi établir une seule et unique liste pour les prochaines élections.